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L'édito de Générations Le Pen
 mercredi 07 novembre 2007 | Edito

Marie-Christine Arnautu, Présidente de Générations Le PenLes nerfs de tous, mis à dure épreuve au cours des recherches de signatures au printemps, des campagnes présidentielle et législatives, suivies peu après de la disparition de mon père, sont une explication, à défaut d’une excuse, de ces longs mois de silence. Bien heureuse de vous retrouver, donc.

Chers amis, vous le savez, nous sommes une petite équipe. Mais, au moment où Jean-Marie Le Pen va se représenter à la tête du Front national, nous entendons bien lui apporter notre indéfectible soutien.

En ce mois de novembre, le pluriel mis à Générations Le Pen prend tout son sens : quelque soit notre âge et si l’on possède un peu de bon sens, parait-il qualité la mieux partagée, comment peut on ne pas lui renouveler notre confiance ? Il a coutume de dire : “là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie” ; certes, chez nous aussi…

Chez nous aussi, il y a ceux qui, imprégnés de la campagne présidentielle de nos adversaires, fondée sur le jeunisme, pensent qu’il ferait mieux maintenant de passer la main, que d’ailleurs il aurait mieux fait de laisser la place en début d’année... Chez nous aussi, il y a ceux qui se croient investis d’une mission presque divine, pensant leur heure arrivée et qui, après des années de patience mal contenue, voudraient bien maintenant que leur capacité à gouverner soit enfin reconnue. Chez nous aussi, il y a les traîtres d’hier qui s’érigent en sauveurs d’aujourd’hui et qui pensent qu’il est grand temps de faire place nette afin de rendre enfin hommage à leur compétences, grâce auxquelles nous arriverons, c’est sûr, au pouvoir. Et puis, chez nous aussi, il y a ceux qui ont ressurgi au cours de cette campagne, persuadés qu’ils détiennent les ficelles pour réussir là où selon eux notre Président aurait échoué et qui voudraient bien écarter les militants de toujours, trop ringards à leurs yeux . Tous ceux là n’ont rien inventé, replongezvous dans les Caractères de La Bruyère et vous les y retrouverez…

Tous ces “Iznogoud” ont au moins ceci de commun : vouloir être calife à la place du calife ; mais sans en posséder la sagesse, la hauteur de vue, la vision politique, et, moins encore l’incomparable capacité qu’il a eu, et possède encore, de rassembler des personnes aussi différentes, de droite ou de gauche, issues des milieux sociaux les plus divers, d’origines et de religions les plus hétérogènes : bref, tous ceux qui, depuis 1972, composent le Front national. Car au contraire de tant d’autres, Jean-Marie Le Pen aime “véritablement” son prochain. Sa vie durant, il a respecté et aimé tous ceux qui ont combattu à ses côtés. Cette générosité de coeur ne s’apprend pas : on naît avec ou pas. Alors, qui d’autre que lui ?

Le petit Nicolas, tel un pirate énervé, déguisé en Jean-Marie, a copié/collé notre programme à grands coups de com. et de paillettes : les Français l’ont cru, ils déchantent déjà ; les résultats des dernières élections cantonales partielles en témoignent, l’original retrouve enfin leur préférence et on ne les y reprendra pas une nouvelle fois. Quant à la sirène Ségolène, ni sa démocratie participative, pas plus que sa bravitude n’ont suffi à enchanter les électeurs. Depuis, jamais notre pays n’avait autant souffert d’un tel manque de solidarité nationale : les fractures sociales, générationnelles, économiques font vaciller, chaque jour un peu plus, les fondements de notre nation, après en avoir déjà détruit les murs.

Les mensonges ne paient qu’un temps et la mascarade du “mini traité simplifié” européen, qui n’a, de fait, de “mini” et de “simplifié” que le nom, sonnera le début de la fin du “Sarkoshow”, s’agissant d’une maxi escroquerie à la démocratie. À laquelle la sanction ne devrait pas tarder.

En revanche, le travail, lui, paie sur le long terme. Celui qui a été entrepris dans la conception du programme présidentiel ? Celui entrepris sur le terrain par nos militants, animés du même courage, toutes les forces investies dans les campagnes législatives, tout ceci paiera au cours des trois prochaines échéances électorales. Parions que les Cassandre d’aujourd’hui seront les premières à féliciter notre Président pour sa clairvoyance en affirmant “qu’ils n’avaient jamais douté de son talent…” Et ce sera tant mieux.

Jean-Marie Le Pen choisira sans doute un jour de descendre à quai et, ce jour-là, il ne lèguera pas un rafiot, mais bien un paquebot, à la coque solide.

À qui ? That is the question… La réponse n’est pas à l’ordre du jour de ce Congrès et c’est tout naturellement qu’il sera réélu à la tête de notre mouvement.

Pour être calife à la place du calife, surtout celui-là, il faudra aux prétendants une grande dose d’abnégation, une capacité certaine à rassembler, une fougue et des convictions à toute épreuve, une intelligence, au vrai sens du mot, c’est-à-dire une réelle compréhension de l’autre ; il leur faudra surtout avoir bien compris le parcours politique de leur prédécesseur, pour ne jamais en perdre de vue l’exemple. Car si ce dernier avait fait passer son ambition personnelle avant l’intérêt national, je ne serais pas en train d’écrire cet éditorial, ni vous en train de le lire, puisque nous serions tous à l’Élysée ou sous les ors des ministères. Nous serions comme les autres : aux ordres…

La liberté, le refus des compromis se paient chers, les militants du Front national le savent et pourtant ils ne se sont jamais découragés car ils ont confiance en celui qui leur fait vivre cette incroyable aventure politique.

Je viens de perdre un père exemplaire, un guide de chaque instant qui m’a légué en héritage tant de valeurs morales bien plus précieuses que tout capital matériel. On dit, à juste titre, que les filles qui ont eu la chance d’avoir pour premier homme de leur vie un être aussi fort et aussi courageux ne le trahissent jamais et le transforment en étoile du Berger tout au long de leur parcours personnel, professionnel ou politique. Le sens de l’effort, la faculté de discerner les flatteurs des véritables soutiens, l’intelligence de ne jamais blesser les bonnes volontés, même maladroites, tant de qualités qui font que la barre est haute, mais que suivre leur exemple devient une obsession. Lire dans le regard de leur père une approbation tacite, imaginer qu’ici-bas, ou là-haut, il est fier d’elles est la plus immense et la plus belle des récompenses.

Alors quand le moment sera venu, il est une fille dont le père est exceptionnel, et qui, forte de l’exemple qu’elle aura reçu, saura en être digne. Et son père lâchera la barre, serein et confiant en le futur capitaine…


Marie-Christine ARNAUTU
Présidente de Générations LE PEN
Conseiller régional d'Ile-de-France

 

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